À bout de souffle : les signaux d’un épuisement professionnel

Il y a ceux qui l’expriment : ‘’ je n’en peux plus’’, ‘’je vais y laisser ma peau’’ et ceux qui suscitent l’admiration ‘’mais comment fait-il/elle !’’ 

Le burn-out touche 1 salarié sur 3 sans distinction de profession.  Reconnu par l’OMS depuis mai 2019, il continue de mettre mal à l’aise l’entourage : silences… regards croisés… on constate les dégâts, impuissants, sans savoir comment c’est arrivé, ni comment faire ou qui accuser.

Peut-on vraiment prévenir le Burn-out ? Quels signaux devraient nous mettre en alerte ? 

Burn-out, des signaux qu’on n’a pas vus

Quand le ver est dans le fruit, il est souvent trop tard.

Des To-do listes à n’en plus finir, un sentiment d’inefficacité et malgré tout un acharnement à la tâche… il existe un profil type du préposé au burn-out. C’est l’employé ou le manager engagé et volontaire, consciencieux, optimiste, qui met toute son énergie au service de la communauté, dans l’espoir d’être reconnu à sa juste valeur. Tel Sisyphe remontant éternellement son rocher avec persévérance, sans jamais parvenir au sommet.

Pourtant, il y a des signaux qui ne trompent pas : la fatigue, le manque de concentration et de lucidité, parfois des symptômes physiques, notamment des troubles du sommeil et une fragilité émotionnelle, qui se repère à l’impatience et une agressivité pas toujours justifiée. 

Notre travailleur acharné ne les voit pas. Il compense sa souffrance par des séances de kiné, du café et redouble d’efforts, rallongeant ses journées, persuadé que ça va s’arranger.  Alors pourquoi ce besoin irrésistible d’aller jusqu’au bout ?

Premiers responsables : nos mécanismes de résistance

Notre corps est capable de s’adapter à notre environnement, y compris au stress chronique. Il peut même résister plusieurs mois, plusieurs années. Si ce mécanisme de résistance nous permet de fonctionner en mode dégradé, il n’est pas fait pour durer indéfiniment. Imaginez-vous servir d’un téléphone sans jamais le recharger. Au bout d’un moment, les batteries s’affaiblissent, le corps lâche. La batterie est en fin de vie, on la recharge, mais elle ne tient que quelques heures. Le repos ne suffit plus à compenser la fatigue chronique, les douleurs sont installées, et parfois apparaissent des phobies ou des crises d’angoisse, comme la peur de conduire seul, qui empêche d’aller travailler. Le corps cherche à alerter notre besogneux et monte régulièrement d’un cran jusqu’à l’arrêt de travail, souvent emprunt de culpabilité.

Deuxième facteur : nos rythmes de vie et les technologies modernes 

C’est ce que j’appelle la dictature du Tout-tout-de-suite. Au fil des ans, nos rythmes de vie ont considérablement accéléré, calqués sur les temps de réponse des machines. Nous ne prenons plus le temps ni de nous poser, ni de réfléchir, ni de prendre du recul.  À peine on me pose une question que je devrais avoir répondu. On ne supporte plus d’attendre au feu, chez le médecin ou dans la file du supermarché… Vive le télétravail qui nous fait gagner le temps de route !

Sauf que notre corps et notre cerveau ont besoin de ralentir de temps à autre.

Or les pauses sont mal vues dans le milieu professionnel, excepté si on est fumeur. Et je ne vous parle pas des notifications qui interrompent continuellement notre concentration et surchargent notre mental avec des informations généralement superflues. Alors, on cherche à rattraper le temps perdu en accélérant encore plus.

Les accusations sont souvent portées sur l’environnement professionnel, l’organisation managériale et tout ce qui n’a pas été mis en place. Pourtant, nous sommes les premiers à nous mettre la pression.  

Burn-out, comment l’éviter ?

Si je résume : écouter son corps, comprendre ses mécanismes de résistance et ralentir, voilà trois clés qui nous mettent sur le bon chemin.

Et notre premier allier, c’est notre respiration. Elle est toujours sur nous, jour et nuit, elle permet d’oxygéner correctement tous nos organes, y compris le cerveau.

Étape n°1 : Utilisez votre respiration  

Étirez l’inspiration au maximum – faites une courte pause en apnée, poumons pleins – expirez jusqu’au bout pour vider les poumons. Renouvelez 3 fois.

Montre en main, ça vous a pris 3 fois 20 secondes, qu’est-ce qu’une minute dans votre journée ?

Étape n°2 : Apprenez à vous poser et ne rien faire

Je ne vous demande pas de faire une médiation de 30 minutes, juste une pause de 40 secondes en arrivant sur le parking de votre travail, 3 grandes respirations, prenez conscience de l’endroit où vous êtes et libérez les tensions dans vos épaules. Observez votre état d’esprit en arrivant au travail.

Insérez ainsi quelques SAS de décompression entre deux activités, idéalement toutes les 2 heures, mais si déjà, vous en faites 3 par jour, c’est un très bon début.

Étape n°3 : Libérez vos tensions au fur et à mesure de la journée.

Quelques étirements plusieurs fois par jour alliés à des respirations amples viennent libérer les crispations responsables de douleurs chroniques.

Il vous suffit de 10 minutes chaque soir pour préparer votre sommeil.

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Florence Leboucher

Sophrologue certifiée et spécialisée en gestion du stress et mieux-être au travail. J'accompagne les professionnels et les particuliers à retrouver une meilleure qualité de vie.

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